Le Grandi Marchi, en collaboration avec la Fondation Magnani Montaruli, a organisé une dégustation guidée en présentant 11 producteurs de vins des plus réputés d’Italie. L’évènement a eu lieu le mardi 8 mai à Québec et le mercredi 9 mai à Montréal en ayant comme maitre de cérémonie Nick Hamilton.

11 parmi 19 domaines de partout en Italie ont participé à cet évènement. Les voici :

1. Carpenè Malvolti, Veneto.

2. Argiolas, Sardinia.

3. Umani Ronchi, Marches.

4. Marchesi Antinori, Toscane.

5. Michele Chiarlo, Piémont.

6. Pio Cesare, Piémont.

7. Mastroberardino, Campania.

8. Rivera, Apulia.

9. Lungarotti, Umbria.

10. Tasca, Sicilie.

11. Masi Agricola, Veneto.

Ce sont des collègues, des vignerons, des amis et des compatriotes italiens qui se sont regroupés pour fonder  » L’Istituto del Vino Italiano di Qualità, Le Grandi Marchi ». Cette infatigable organisation purement italienne est d’accord que l’union fait la force. C’est avec grand enthousiasme qu’elle travaille à promouvoir et à améliorer les grands vins de l’Italie. Chacun à sa manière, avec sa propre personnalité et tous ensembles, par leurs efforts, ont réussi à faire que les vins italiens croissent et parviennent à s’établir parmi les favoris du monde du vin.

L’Istituto Del Vino Italiano dit Qualità Grandi Marchi, est formé par plus de 19 familles de vignerons, toutes propriétaires de leur domaine, qui présentent leurs plus prestigieux vins italiens partout dans le monde.

Certains ont au moins 25 ans d’opération et d’autres ont même des siècles! Ils sont reconnus pour la qualité de leurs produits. Chacun est considéré comme innovateur, avec les mêmes valeurs, stratégies, visions et esprits de collaboration qui leur permettent de continuer à se développer sur le marché international, en exposant le meilleur de leur région.

Les vins sont présentés en ordre de dégustation, tels qu’exposés par leurs représentants respectifs, qui étaient tous accompagnés par Nick Hamilton:

1. Carpenè Malvolti, fondata nel 1868, Vénétie. Exposé par Domenico Scimone.

Domaine né en 1868, grâce à Antonio Carpenè qui désirait élaborer ses vins avec le raisin des collines de Conegliano et Valdobbiadene. Désir qui s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui avec la cinquantième génération.

La passion œnologique, l’amour du territoire et la recherche constante sont des valeurs qui ont toujours caractérisé le domaine situé dans les collines de Conegliano et Valdobbiadene. Le domaine possède des sols de marnes calcaires rouges et d’argile grise à une altitude d’entre 300 et 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Conegliano est la ville où a été créée la première école d’œnologie d’Italie en 1876 par nul autre que Antonio Carpenè.

En 2009, le Prosecco Superiore Conegliano Valdobbiadene a été reconnu D.O.C.G.

Le premier vin dégusté:

1868 brut, Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore D.O.C.G.

Des bulles de dimension moyenne, avec une belle robe jaune pâle. Un nez discret, frais, floral. Mousseux issu de la méthode « charmant », il se présente vif, fruité et léger en bouche. Des fruits blancs frais, tels que la pêche, la poire et la pomme se retrouvent dans la palette gustative. Sec, délicat et rafraichissant.

2. Argiolas, Sardaigne. L’Arte, La Vigna, Il Vino. Exposé par Beppe Pinna.

L’histoire de ce domaine, le plus renommé de Sardaigne, entouré de collines, commence au milieu du XXe siècle avec Antonio Argiolas, son fondateur. Il a été le premier à planter et à produire du vin. Ses deux enfants : Franco et Giuseppe ont hérité de sa passion et ont continué son rêve depuis son décès en 2009. Un total de 250 hectares, répartis dans 5 vignobles, forment la cantina Argiolas. Trois vignobles sont, un à Trexenta, un à Sardaigne et un dernier à Porto Pino. La philosophie du domaine Argiolas est de produire ses vins avec des cépages autochtones de l’ile, afin que toute la planète puisse les connaitre. Le Vermentino (cépage blanc) le Carignano, le Cannonau et le Monica. Les trois sont des cépages rouges.

Le deuxième vin dégusté est :

*Merí, Vermentino di Sardegna DO.C. 2017.

Issu de 100% vermentino, provenant de sols argilocalcaires et avec un vieillissement en bouteille de 3 à 4 ans, Merí 2017 présente une robe paille avec des reflets verts. Un nez aromatique avec des notes d’agrumes, de miel et de fruits frais. L’attaque est extrêmement invitante. L’acidité s’impose de manière subtile. Le miel, les fleurs et les pêches juteuses apparaissent lors du trajet. Sec, velouté, fruité et frais. La finale est florale et agréable. Étant donné la chaleur, au moment des vendanges, le domaine utilise la réfrigération. Le pressurage doux et le débourbage naturel sont faits à une température constante, entre 10˚ et 12°C. La fermentation, d’environ 15 et 20 jours, est contrôlée à une température de 16˚ et 17°C.

Le prochain exposant est Giorgio Pasanisi qui nous présente…

3. Umani Ronchi, de la région de Marches.

Ça fait plus de 50 ans que la famille Bianchi-Bernetti s’occupe du domaine fondé à la fin des années 50 à Cupramontana. Les activités du domaine, avec la collaboration de l’université d’Ancona, sont devenues comme un laboratoire d’enseignement de l’agronomie et de l’application de soins pour les vignes, en adoptant les plus avancées des techniques d’élaboration. Depuis les années 70, Massimo Bernetti est responsable du domaine. Aujourd’hui, avec la complicité de son fils Michele, ils font qu’Umana Ronchi est au premier plan, tant au national, qu’à l’international. Le domaine compte avec 230 hectares dans les régions de Marches et Abruzzes. Il existe douze parcelles ayant différentes caractéristiques et qui expriment le meilleur de leur terroir qui ont vu naitre douze CRUS. Le domaine supporte les cépages autochtones, toutefois, le Chardonnay, le Sauvignon blanc, le Cabernet Sauvignon et le Merlot font partie de l’innovation.

En 1997, leur vin Pèlago 1994 a gagné le prestigieux International Wine Challenge à Londres. En 1998 Pèlago a été dans le 100 Top Wines de la revue Wine Enthusiast avec un score de 97/100.

Le troisième vin dégusté:

*Cumaro Conero Riserva, D.O.C.G. 2013.

Il s’agit d’un vin rouge-violacé intense, élaboré 100% avec le cépage Montepulciano. Il dégage des arômes de bois, de fruits noirs et d’épices italiennes. En bouche, la première impression est sublime. L’évolution est garnie de bois, de fruits en confitures, telles que la figue, la prune et la mure. Les épices italiennes, le chocolat et les tanins charnus sont à l’ordre. Cumaro est un vin sec, corsé et musclé avec une agréable fraicheur. La finale est fruitée et solide.

Les vignes sont plantées sur des sols profonds, plutôt calcaires. Le terroir, de formation marine, remonte à l’ère du Pliocène-Pléistocène. Après l’éraflage et le pressurage suave, vient, pour une période de 12 à 14 jours, la fermentation avec une température contrôlée d’entre 27˚ et 29˚ C. Le repos en bouteille est d’entre 24 et 32 semaines.

4. Marchesi Antinori Toscane, 26 générations. Exposé par Jacques Bélec.

Marchese Antinori est toute une légende dans la Toscane depuis sa création en 1385. Le concepteur de cet empire est Giovanni di Piero Antinori qui faisait partie de l’Arte Fiorentina dei Vinattieri. Après 26 générations, la famille Antinori a toujours été l’administratrice de ce domaine. Aujourd’hui, le domaine est dirigé par la présidente Albiera, la fille de Marchese Piero Antinori. Albiera est soutenue par ses deux soeurs: Allegra et Alésia des Domaines Marchese Antinori. Le Directeur Général depuis 25 ans est Renzo Cotallera. Des innovations, des prix, des erreurs, des réussites, et même des risques, c’est cela que la famille a vécu.

Ce sont des chercheurs infatigables de programmations, de technologies de pointe et de nouveaux concepts. Tout est fait afin d’offrir la meilleure qualité de leurs vins de la Toscane et d’Umbrie. Leur cave est située en Toscane et elle est entourée d’un vignoble planté du cépage représentatif du Chianti Classico, le Sangiovese. L’académie Antinori a comme mission de valoriser et d’honorer la culture du vin et l’art lié au territoire toscan, un patrimoine que la famille veut préserver et diffuser.

Le quatrième vin dégusté :

Marchese Antinori Chianti Classico Riserva Tenuta Tignanello,  D.O.C.G. 2015.

Élaboré majoritairement de Sangiovese. Le Chianti Classico Riserva Marchese Antinori est maintenant fait des raisins du vignoble de la Tenuta Tignanello depuis le millésime 2011. Une explosion d’arômes d’épices, de torréfaction, de bois et de fruits. Au gout, il est sec et fruité. Les tanins sont souples. C’est une surprenante trajectoire remplie d’épices italiennes, de cèdre, de chocolat noir et de fruits noirs, surtout la prune configurée.

Un vieillissement de 12 mois en barriques française et hongroise, ainsi qu’un passage d’un an en bouteille donne un vin structuré, boisé et puissant.

5. Michele Chiarlo, 100% Piémontais. Exposé par Adam Verona.

Tout a commencé avec Pietro Chiarlo, qui dans sa jeunesse travaillait en lavant les sacs pour filtrer le Moscato dans un vignoble de Canelli.

Dans les années 30, Pietro retourne à Calamandrana déterminé à investir dans la production de vin. Appuié par son frère Felice, Pietro a labouré le terrain à la main et y a planté des vignes. En 1935, Pietro devient le père d’un garçon qu’il appelle Michele Chiarlo.

Avec les années, Michele Chiarlo a voulu devenir œnologue. Pietro a accepté à condition qu’il demeure toujours le promoteur du domaine. En 1956 dans le cœur de Barbera d’Asti, Michele Chiarlo se lance dans sa première aventure comme producteur.

En 1958, Michele Chiarlo expose son premier CRU : Michele Chiarlo Barolo, 1958. En 1974, il a été l’un des premiers à appliquer la fermentation malolactique au Barbera.

Présentement, le domaine compte avec 110 hectares entre Langhe, Monferrato et Gavi.

Voici le cinquième vin dégusté :

Barolo Tortoniano, D.O.C.G. 2013.

Sa robe rouge semi-orangé nous permet de jeter un coup d’œil à ses jambes onctueuses et bien tournées. Son nez est plus discret et exhale des senteurs de cigares, de fruits et d’épices. Au gout, ses tanins sont bien présents et secs. L’évolution est munie de fruits, de bois, d’épices et de fleurs comme la violette. L’acidité est présente et à la finale est solide et ample. Vin corsé, boisé et remarquable.

Le type de sols est la marne calcaire et est d’origine marine sédimentaire de la période tritonienne (il y a 9 millions d’années). Le vignoble se trouve à 320 mètres d’altitude. La vinification se passe dans les cuves en acier. La macération pelliculaire a une durée de 17 à 18 jours, avec un système d’arrosage du chapeau à une température contrôlée entre 27˚ et 32˚ C.

6. Pio Cesare. Exposé par Augusto Boffa.

Le domaine fut fondé en 1881 dans le centre historique d’Alba par Cesare Pio. La cave est construite sur les murs romains de la ville, cela fait plus de 2,000 ans. Aujourd’hui, la propriété compte avec 70 hectares de vignobles situés dans différentes communes des régions de Barolo et Barbaresco.

Cesare Pio fut un entrepreneur à succès qui aimait le vin. Il voulait le produire pour lui-même, pour sa famille et pour ses amis. Il était clair qu’il recherchait la qualité, alors, avec les raisins sélectionnés, provenant de ses vignes des collines de Barolo et de Barbaresco, il a élaboré une petite production, mais d’une grande qualité. Cette formule est demeurée une des philosophies du domaine. « Petite production sélectionnée et avec une grande qualité ».

Son fils Giuseppe Pio, continue avec la même passion l’entreprise de son père. Giuseppe fait de Pio Cesare la référence des vins de la région d’Alba.

La troisième génération, c’est sa fille Rosy, qui en compagnie de son mari Giuseppe Boffa, dans les années de la Seconde Guerre mondiale, s’est consacrée au domaine.

Aujourd’hui, la tête principale du domaine est Pio Boffa, le fils de Rosy, qui a invité son neveu Cesare et son cousin Augusto à participer à cette aventure. Pio Boffa, en complicité avec sa fille Federica, la quatrième génération, fait partie de l’histoire du domaine Pio Cesare.

Le sixième vin dégusté:

*Pio Cesare, Barolo D.O.C.G. 2013.

Ce Barolo rouge-orangé foncé dévoile de subtils arômes d’épices, de fruits et de bois. Les tanins sont fermes. La figue, la prune, les dattes, et la violette défilent le bal en compagnie de la fraicheur. N’importe quel italien serait jaloux de ce piémontais mature, musclé, fruité, sec et solide.

Les vignes de Nebbiolo sont plantées dans les sols de calcaire et d’argile de Langue, de 350 à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. L’élevage dure 30 mois en fut de chêne et le vieillissement en bouteille est de 6 mois avant de sortir sur le marché avec une production de 80,000 bouteilles.

7. Mastrobenardino. Exposé par Lucrezia Bencivegna.

Aussi connus comme « Le Raisin archéologique », Antonio Mastreberardino et ses deux fils Carlo et Piero, de la onzième génération, sont à la tête d’un des plus importants domaines de la Campanie.

Situé à Atripalda, dans la province d’Avellino, dans la région de Campanie, le domaine Mastroberardino a été établi en 1750 par Pietro di Mastro Berardino et officiellement enregistré en 1878 par le Cavalier Angiolo Mastroberardino, arrière-grand-père d’Antonio. Le domaine est aussi connu pour avoir contrôlé l90% de la production de Taurasi D.O.C.G. pendant la plus grande partie du 20e siècle. Aujourd’hui, Mastroberardino produit 150,000 caisses annuellement, résultat de 60 hectares. Le domaine a une affection pour les cépages anciens tels qu’Aglianico, Greco, Piedirosso, Falanghina, Coda de Volpe et FIANO.

Le septième vin dégusté :

**Mastroberardino, Historia Taurasi D.O.C.G. 2009.

100% de vignes d’Aglianico plantées sur un sol profond et sableux avec des traces de calcaire et d’argile. Une longue macération pelliculaire, à température contrôlée en cuve inox, de 24 mois en fut de chêne et de 30 mois en bouteille. C’est ce qui a pris à Mastroberardino pour nous offrir ce vin rouge rubis intense, comblé de gourmands arômes d’épices, de fruits rouges, de fruits noirs et de bois qui se dévoilent de façon intense. Sur les papilles, le vin se montre sec avec une explosion de saveurs de réglisse, de cerise rouge, de framboise, de fraise, de figue, de prune, de cèdre, de laurier, d’origan et de poivre rouge. La persistance est longue, l’acidité agréable et les tanins sont capitonnés. Boisé, corsé et succulent, construit sur une fondation solide.

Lors de l’éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C., le village a été totalement détruit. En 1996 Antonio Mastroberardin , en compagnie du groupe « Les Fouilles de Pompéi » a lancé « Villa dei Misteri ». Il s’agit d’un projet sur Pompéi qui a comme objectif principal de transporter le passé vers le présent et de recréer aujourd’hui, les vins de l’ancienne ville romaine en replantant des vignes qui furent détruites lors de l’éruption du Vésuve. Dans le projet on utilise les cépages identiques du temps, la même viticulture et la vinification semblable à ce qui a était appliqué à l’époque. La famille Mastroberardino a collaboré à la découverte de cinq vignobles dans la ville disparue. Les experts ont également découvert des caves souterraines contenant des amphores en terre cuite, utilisées présumément pour stocker le vin de Pompéi.

8. Rivera, Il Vini Pregiati Di Puglia. Exposé par Raffaele Augelli.

Les Pouilles sont situées dans l’un des points géographiques le plus importants de l’histoire du vin. L’Orient et l’Occident se sont alliés grâce à un pont invisible sur la Méditerranée. Le chemin parcouru au cours des siècles par les peuples de différentes cultures est ici. Les traces dans la langue, les coutumes et l’art sont encore visibles sur ce territoire. L’importance de l’histoire de Pouilles est prodigieuse, car c’est exactement ici que la culture de la vigne grecque a posé pied pour ensuite se répandre dans toute l’Europe.

En 1940, Sebastiano de Corato décide de fonder l’Azienda Vinicola Rivera, ayant comme mission d’attirer l’attention du monde vers les Pouilles et spécialement vers l’area de Castel del Monte. En 1980, son fils Carlo, introduit des innovations technologiques dans le vignoble. Aujourd’hui, les enfants de Carlo, de la troisième génération : Sebastiano et Marco poursuivent le travail assigné en donnant un meilleur résultat encore. Leurs vins sont élégants, intenses, avec le caractère et l’exubérance des Pouilles.

L’hacienda compte avec 75 hectares. L’altitude des parcelles a entre 200 et 230 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Castel del Monte est l’une des régions viticoles les plus importantes des Pouilles en donnant aux vins la meilleure expression de la terre italienne. On cultive des cépages blancs indigènes tels que, Pampanuto, Bombino Bianco, Fiano et Moscato Reale. Pour les cépages noirs indigènes, on retrouve : le Bonbino Nero, le Montepulciano, le Nero de Troia et l’ Aglianico. Il y a aussi des cépages internationaux comme le Chardonnay et le Sauvignon Blanc.

Le climat est méditerranéen, bien entendu. Les hivers sont froids et pluvieux, alors que les étés sont chauds et secs, atténués par les brises marines.

Dans une des plus hautes et belles collines de l’Alta Murgia se trouve le fascinant Castel del Monte, érigé par l’empereur Frédéric II de Souabe en 1240. Éternel gardien de la Tavoliere, du Gargano, et du Monte Vulture.

Admirable exemple d’architecture précise, étant à la fois spirituelle et symbolique du moyen âge. C’est une construction solitaire, à la géométrie parfaite, représentant un octogone avec des proportions et des mesures marquées par des références astrologiques et ésotériques.

Ce gardien n’a pas été bâti pour défendre un territoire, sinon pour Frédéric II lui-même. Toutefois, sans le savoir, l’empereur a édifié ce château qui devait passer à la postérité avec ses vignobles remarquables.

Le Castel del Monte est donc un octogone et c’est le numéro huit qui correspond à notre prochain invité.

Il Falcone, Castel del Monte Rosso Riserva D.O.C.G. 2012.

De couleur rouge-grenat foncé, il me fait penser au moyen âge, avec aussi, son onctuosité splendide. Un éventail où, à chaque mouvement il-y-a un arôme de fruits noirs, de tabac, d’épices et d’un peu de cuir. Il Falcone brille par sa bonne présence en bouche. L’attaque est fruitée et l’acidité est agréable. Les tanins charnus se développent au cours de leur interminable course, où ils rejoignent finalement, la figue, la prune, le menthol, les raisins de Corinthe et le cigare. Sec, fruité, corsé, boisé et solide.

Issu de 70% de Nero di Troia et de 30% de Montepulciano, c’est dans la troisième semaine d’octobre que les vendanges sont faites. La macération et l’extraction de la couleur sont réalisées en cuves d’acier inoxydable pendant 15 à 18 jours avec des remontages fréquents. Finalement, une maturation en tonneaux et barriques de chêne français pendant 14 mois, puis un vieillissement en bouteille d’un an.

9. Lungarotti, exemple de Lifestyle italien. Exposé par Chiara Lungarotti.

Le domaine a été fondé par le docteur, spécialiste en horticulture, viticulture et oléiculture, Giorgio Lungarotti au début des années 60. En 1981, avec la participation du Ministère de l’Agriculture et de la Région d’Ombrie, Giorgio Lungarotti a également fondé La Banque italienne de Dégustation de Vins (BAVI).

Le domaine Lungarotti est dirigé par les sœurs Chiara et Teresa.

Chiara est diplômée en agriculture avec une spécialisation en viticulture. Elle est la seule directrice des différentes sociétés du groupe Lungarotti, charge qu’elle a prise à la mort de son père Giorgio en 1999. Préserver, continuer, innover et développer en respectant la tradition et ses racines, ce sont là les paroles de Chiara.

Teresa est diplômée en œnologie et spécialisée à l’Institut d’œnologie de l’Université de Bordeaux. Teresa est la responsable en marketing et en communication de l’entreprise. Elle est une des premières femmes vigneronnes en Italie et elle a créé des vins qui portent sa signature. Teresa est la fondatrice de « l’association Femmes de Vin » et détient de nombreux postes dans des associations culturelles.

Maria Grazia mère de Chiara et Teresa, est la charmante directrice de la Fondation Lungarotti. Elle est diplômée en littérature et histoire de l’art à l’Université de Rome. Après une longue, minutieuse et rigoureuse recherche, elle a fondé Le Musée Scientifique du Vin, et quelques années plus tard, Le Musée de l’Huile. C’est grâce à sa vivacité intellectuelle, combinée à une production de vin qualifié et à l’ouverture culturelle des Lungarottis, qu’on ose dire que le terme œnotourisme est né il y a 40 ans à Torgiano.

Finalement, Francesco Zaganelli, fils de Teresa, est diplômé en droit, il possède une maitrise en administration des affaires et il s’occupe des exportations de la cave. Il est l’export-cadre de la maison.

Pour le produit numéro neuf en dégustation, on a :

Rubesco Vigna Monticchio, Torgiano Rosso Riserva D.O.C.G. 2010.

D’une franchise intéressante, il exhibe une robe rouge grenat intense, aux arômes balsamiques et empyreumatiques, d’épices et de fruits. Une pluie d’étoiles filantes de saveurs : d’épices douces, de fougère, de caramel, de cerise, de tabac et de bois. Les tanins sont fermes, la persistance est appréciable, l’acidité est rafraichissante et la finale corpulente.

Élaboré avec 100% Sangiovese, il provient du vignoble de Monticchio qui est situé sur la colline de Brufa à 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le vignoble présente des sols en couches d’argile et de sable. La fermentation est en cuve inox avec une macération pelliculaire de 25 et à 28 jours. Le vieillissement en barriques et en tonneaux a une durée d’environ 12 mois. Finalement, passage de 5 ans en bouteilles.

10. Tasca d’Almerita. Exposé par Christine Hammond.

D’une beauté particulière et située au large de la pointe de la botte italienne, La Sicile est la plus grande ile de la mer Méditerranée. Situé sur un territoire privilégié, dans un environnement qui détermine la qualité de ses vins depuis 1830, le domaine de la famille Tasca a toujours été cultivé avec amour, attention et innovation.

Le microclimat qui domine le territoire œuvre à la perfection grâce aux écarts très marqués de température qui peuvent atteindre jusqu’à 15 degrés Celsius entre le jour et la nuit. Le sol limon sableux, avec des traces de particules pierreuses, recouvre le carbonate de calcium, ce qui favorise le maintien de l’approvisionnement en eau. Combinaison d’éléments qui assure la vigueur de la vigne. À l’est de la Sicile se trouve l’Etna, l’un des volcans actifs les plus élevés d’Europe.

Le dixième vin dégusté est le Rosso del Conte, Sicilia Contea di Sclafani D.O.C. 2013.

Il fait son apparition, habillé de couleur rouge grenat, dévoilant des arômes de bois, d’animal et de fruits noirs confits. L’attaque est solide et lors de sa trajectoire, la viande est présente et l’acidité est bonne, la persistance longue. Vin corsé, boisé et solide.

Originaire du vignoble San Leucio, situé à 480 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il est issu d’un assemblage de 41% de Nero d’Avola, de 31% de Perricone et de 28% d’autres cépages ( la touche personnelle du domaine).

Rosso del Conte est la première expression de grande qualité et de longévité des produits de La Sicile.

11. Masi Agricola. Exposé par Luc Desroches.

L’histoire de Masi commence avec une petite vallée à la Valpolicella, acquise par la famille Boscaini à la fin du dix-huitième siècle. Le nom MASI vient de « Vaio dei Masi ». Tranquillement, pas à pas, la famille a réussi à s’étendre à toute la Vénétie.

À partir des années soixante-dix, les descendants du poète Dante (1353), la famille Serego Alighieri et Masi collaborent, tandis que Masi et Conti Bossi Fedrigotti font équipe. La maison Masi élabore que des vins prémium à partir de cépages natifs de la région, en gardant les techniques d’élaboration traditionnelle et en incluant la technologie moderne.

Présentement le domaine Masi est la septième génération à charge. Bruno est le responsable des activités industrielles et de la production, tandis que Sandro Boscaini est le président et chef de la direction. La huitième génération est aussi présente avec la participation des enfants de Sandro Boscani : Alessandra à la gestion des ventes et Raffaele qui est le directeur marketing et coordinateur du groupe technique. Masi a aussi des vignobles en Argentine. 

Et notre dernier, mais non le moindre vin dégusté, le vin numéro onze :

Riserva Costasera Amarone Classico della Valpolicella D.O.C.G. 2011.

Belle robe rouge grenat profond. Le vin se décline en arômes de fruits noirs, de bois, de cannelle et de raisins de Corinthe. Muni de tanins charnus qui s’agencent bien à la cerise, à la violette, au chocolat, à la cannelle, au caramel et aux charmantes traces de fut de chêne. Tout un potpourri! L’acidité est discrète, la persistance est interminable et la finale est vraiment plaisante en dévoilant une bouche presque grasse. Sec, puissant, boisé, riche et séduisant. Il a dormi en fut de chêne de Slovénie pendant 40 mois et conservé 6 mois en bouteille. Vous pouvez le réveiller maintenant ou d’ici 12 ans.

L’Amarone est élaboré selon l’ancienne et traditionnelle méthode d’appassimento, qui existe depuis l’époque romaine. L’appassimento ou passerillage (traduction en français) est le séchage partiel des raisins. Les vendanges sont faites entre la fin de septembre et le début d’octobre. Les raisins cueillis sont disposés sur les « areles » qui sont des supports en bambou traditionnels bien ventilés. À la mi-février, les raisins auront perdu environ 40% de leur poids et acquis une grande concentration de sucre. Les cépages qui constituent cet Amarone sont : 70% de Corvina, 15% de Rondinella, 10% de Oseleta et 5% de Molinara. Précisons que seule la Corvina est susceptible à une invasion naturelle de « botrytis » (pourriture noble). L’Oseleta donnera aux Amarones sa principale structure tanique ainsi qu’une couleur plus intense. 

Sources d’information: Fiches téchniques et cahier de la dégustation guidée, SAQ, sites web des domaines et l’événement même. 

Publications associées